le passe muraille

Casser des briques

3 min / Par Camille Cohignac / Le 25 avril 2016 à 17 h 21 min

À l’heure de la mondialisation, les murs dressés par l’Homme prolifèrent. Mexique, Palestine, Sahara, Hongrie, résidences fortifiées ou prisons. Autant de reflets des peurs qui font rage dans nos têtes.

Derrière le mur, qu’il soit physique, symbolique ou virtuel, il y a nous et il y a l’autre. Celui que l’on rejette ou qui nous repousse. Celui qui nous fait peur ou que l’on effraie. Ou encore les deux à la fois, parce qu’être caché par un mur n’empêche pas le mal entendu — même s’il est communément accepté que les murs ont des oreilles.

Il arrive assez souvent que l’on dresse des murs physiques, qui n’ont qu’une « utilité » symbolique. Il suffit de regarder le mur que la Hongrie a décidé de construire aux portes de l’Europe avec la Serbie pour empêcher les migrants d’entrer sur son territoire. Quatre mètres de haut… et 174 kilomètres de long, pour une frontière hongroise qui s’étend sur 2 009 km. Si l’on peut s’interroger sur l’utilité d’un tel mur, on peut aussi se demander si le Premier ministre hongrois Viktor Orbán ne prendrait pas un peu le reste du monde pour des briques.

Ceci dit, il a été prouvé plusieurs fois qu’un mur pouvait être rentable pour l’avenir. Je vous invite ainsi à vous pencher sur les cas de la Muraille de Chine ou du mur des Lamentations à Jérusalem. Une aubaine pour le tourisme. Par les temps qui courent, c’est aussi une belle filière d’avenir.

Trêve de plaisanterie, le mur est surtout là pour démarquer la propriété. Ce qu’il y a derrière ce mur est à moi. Heureusement, pour les gens qui n’ont rien, pas même la parole, le mur peut aussi servir de tableau blanc pour exprimer ses revendications. Car on a beau construire des murs, d’un côté il y a la propriété, de l’autre il y aura toujours l’espace public. Tant que les entêtés de la brique construiront des murs, les entêtés de la peinture s’exprimeront dessus.

Une bonne illustration du proverbe, « à se cogner la tête contre les murs, il ne vient que des bosses. »

Heureusement, nous ne voulons pas vous faire de mal. Alors pour construire ce dossier, nous avons été chercher des journalistes à travers le monde, chacun apportant sa petite pierre à l’édifice de l’information. Celle-ci, on peut s’y cogner sans risque.

Bonne lecture,

Camille Cohignac

Crédits photo : Statue du Passe Murailles à Paris (XVIIIè) 2013 ©Camille Cohignac

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