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Quelle prise en charge pour les jeunes trans’ ?

5 min / Par Benjamin Cohignac / Le 23 février 2016 à 20 h 30 min

Le malaise vis-à-vis du genre peut apparaître dès l’enfance. Au Canada ou aux États-Unis, les enfants présentant une dysphorie de genre sont pris en charge très tôt et pas uniquement dans les hôpitaux.


« Je ne savais même pas qu’il existait un mot pour décrire ce que je ressentais. Je savais encore moins qu’il était possible pour un homme de devenir une femme, alors je n’ai rien dit à personne. […] Ma mort doit être comptée parmi celles des personnes trans’ qui se seront suicidées cette année. Je veux que quelqu’un regarde ce nombre et dise « c’est grave » et que l’on fasse quelque chose ».

Ce sont les derniers mots laissés par Leelah Alcorn, Américaine de 17 ans, avant qu’elle se donne la mort en décembre 2014. À l’image de Leelah, ce sont des milliers d’enfants et d’adolescents à travers le monde qui souffrent d’un mal silencieux auquel on répond pourtant encore trop souvent avec une incroyable violence. Les jeunes transgenres sont parmi les populations les plus vulnérables de nos sociétés. L’étude HES/ MAG, reprise dans un rapport commandé par le conseil de l’Europe sur la question des jeunes transgenres en 2013, fait part de résultats très préoccupants : 65 % des jeunes trans’ de 16 à 26 ans ont déjà envisagé le suicide et près de 34 % d’entre eux auraient déjà fait une ou plusieurs tentatives. Des chiffres qui soulignent l’urgence du problème auquel doivent répondre les États.

Face à ce qu’on nomme aujourd’hui une « dysphorie de genre » et plongés dans un contexte où l’intolérance prédomine, ces jeunes sont trop souvent livrés à leur désarroi qui s’exprime alors dans des actes extrêmes : suicide, prostitution ou usage de drogues.

Une herbe plus verte ailleurs ?

Photo : Jeri Johnson – CC0 1.0

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